Zone monétaire de la CEDEAO : Les coûts et avantages passés au crible

Une intégration monétaire des 15 pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) serait un facteur pour booster la croissance économique dans cette zone. Ce constat émane de Mouhamadou Moustapha Cisse, étudiant en DEA économie, qui s’exprimait à l’occasion de la première édition de Takussane économique, tenue hier au campus de l’Ucad.

« La Cedeao est-elle une zone monétaire optimale? », tel est thème développé au cours de cette tribune d’échange, qui a réuni enseignants-chercheurs et étudiants en économie. Dans sa communication, Mouhamadou Moustapha Cissé indique que depuis la mise en œuvre du projet d’une union monétaire de la Cedeao en avril 2002, l’idée reste toujours à être concrétisée. A cet effet, il a relevé que la création d’une zone monétaire dans cette zone va engendrer des coûts. Il s’agit, énumère-t-il, d’une perte d’autonomie de la politique monétaire et de change en tant que instrument de stabilisation macroéconomique. A cela s’ajoute la « vulnérabilité » face aux chocs asymétriques de demande et de l’offre de la monnaie.

Ces coûts, selon l’économiste, s’expliqueraient par une faible spécialisation des économies des pays, un positionnement géographique, une petite taille des économies, qui sont aussi hétérogènes. Ce qui fait qu’une union monétaire devient dans ce cas « inadéquate et coûteuse ». Evoquant les avantages, le conférencier estime qu’une intégration monétaire dans la Cedeao permettra aux pays, d’obtenir une baisse des coûts de transactions et de l’incertitude sur la variabilité des taux de change.

Poursuivant, M. Cisse a souligné que cette coopération va, en outre améliorer le bien être des agents miques, développer le commerce intra-zone et augmenter l’investissement. Sur un autre registre, l’économiste a mis en relief un certain nombre de critères de convergence à remplir par les pays membres pour aspirer une intégration monétaire au sein de l’espace Cedeao. Il consiste pour ces pays de respecter le ratio de déficit budgétaire/Pib qui doit être inférieur à 4%. Le financement du déficit budgétaire par la banque centrale ne doit pas dépasser les 10% des recettes fiscales de l’année précédente et le taux d’inflation, inférieur à 5%. Sur cette approche multicritère, le conférencier précise qu’aucun parmi les 15 pays ne respecte ses conditions, par conséquent, conclut-t-il, la Cedeao n’est pas une zone monétaire optimale. Pour réaliser une union monétaire dans cet espace, M. Cisse appelle à une meilleure intégration de l’Afrique dans le commerce mondial, une meilleure considération de notre continent dans la géopolitique économique et politique internationale. Enfin, il a exhorté les pays à appliquer le « fédéralisme budgétaire ».

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Portrait de Abdou Diaw
Abdou Diaw |Étudiant au CESTI, Journaliste-blogueur
 
 

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