Université Cheikh Anta Diop: Ces points sur lesquels le président Macky Sall est attendu

Les Sénégalais attendent beaucoup du président nouvellement élu. Cependant, à  l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, les étudiants et les enseignants interrogés estiment que le règlement des problèmes d’ordre social et pédagogique qui assaillent l’espace universitaire constitue le chantier principal auquel le président Macky Sall doit s’attaquer, sans oublier la réduction du coût de la vie.

Une pluie fine, accompagnée d’une brise frisquette, arrose l’université Cheikh Anta Diop de Dakar ce mercredi, jour de reprise des cours après trois mois de grève du SAES.

Assane Ndong, étudiant en troisième année de Lettres Modernes ne manque pas de faire un rapprochement entre ce climat inhabituel en cette période de l’année et  l’élection de Macky Sall. Un brin superstitieux, il laisse entendre : « une pluie est toujours annonciatrice d’une bonne nouvelle. Cette coïncidence n’est pas fortuite, je pense que nous allons vivre des lendemains meilleurs avec Macky Sall ». Par des lendemains qui chantent, Assane entend une solution à la crise universitaire « au plus vite ».

Il partage cette préoccupation avec beaucoup de ses camarades étudiants. C’est le cas de Lamine Baldé, étudiant en Master 2 à la Faculté des Sciences juridiques et politiques. Pour lui, au-delà de la satisfaction de la plateforme des enseignants, Macky Sall doit, dès sa prise de fonction, s’atteler à une réforme profonde du système éducatif national. « Il faut organiser une assise de l’Education pour faire l’état des lieux de l’université sur le plan social et pédagogique car elle n’est actuellement rien d’autre qu’une garderie d’adultes » pense-t-il. Car, à l’en croire, il n’y a pus d’adéquation entre la formation et les besoins du marché. Il touche du doigt ainsi la problématique de l’insertion des diplômés dans le marché de l’emploi.

En plus de la réduction des prix des denrées de première nécessité, Lamine Baldé attend aussi du nouveau président qu’il facilite l’accès aux soins de santé. La réduction du coût de la vie est pour Babayel Ndjim, la priorité des priorités « même si au regard de la situation du pays, presque tout est prioritaire », selon lui. Pour cet étudiant en Master 2 de Droit, pour que Macky Sall ne rate pas son premier mandat, il doit s’attaquer aux problèmes du pays par ordre de priorité. Dans ce sillage, lui, en tant que juriste, il s’attend à une profonde réforme des institutions et à un état des lieux sans complaisance des finances publiques pour « faire la lumière sur les différents scandales financiers qui ont éclaté sous l’ancien régime ».

Faisant référence à cet ancien régime souvent critiqué pour son train de vie dispendieux, Demba Sène, étudiant en Master 1 Anglais, en appelle à une réduction drastique de la taille du Gouvernement et, dans cette perspective, demande au nouveau président de respecter sa promesse de ne pas dépasser un attelage gouvernemental de plus de 25 ministres. « Il faut que le président Macky Sall mette les hommes qu’il faut à la place qu’il faut. S’il le fait, tous les problèmes que nous vivons seront résolus » dit-il. Ce discours n’est pas loin de celui de Saliou Thiam. Cet étudiant en 1ère année de géographie abonde dans le même sens tout en demandant, en tant que fils de cultivateur, au nouveau président élu de subventionner l’agriculture, secteur où évoluent une grande majorité de la population, d’après lui.

Ces préoccupations des étudiants qui se recoupent presque toutes, ne sont pas loin de celles des enseignants. « Le problème de l’école est le chantier principal que doit attaquer Macky Sall. Il faut qu’il donne à l’université les moyens d’accomplir sa mission » dit d’emblée Mamadou Ndiaye, professeur de Communication au Cesti. En tant que père de famille, donc vivant les âffres de la hausse des prix des denrées de première consommation, M. Ndiaye pense que la réduction du coût de la vie doit être une priorité pour le nouveau président. Arborant sa casquette de citoyen, il s’attend à une restauration de la bonne gouvernance car, pour lui, « il est temps que la crédibilité de l’Etat soit restauré et que l’on en vienne à la promotion du mérite ».

 

Elh. Ibrahima Thiam

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