Son Excellence, Eddy José Cordova Corcega, ambassadeur du Venezuela : « Connaître de plus près le CESTI, une institution réputée »
Excellence, quelles sont les raisons de votre visite ce matin au CESTI ?
Je suis au CESTI ce matin pour connaître de plus près cette institution si réputée et connue en Afrique et ailleurs dans le monde. Nous envisageons d'accompagner cette école. Nous allons sensibiliser nos autorités qui s'occupent de la formation au journalisme pour qu'elles examinent avec beaucoup d'attention les propositions que les dirigeants du CESTI nous ferons parvenir. Le CESTI est une école professionnelle et rigoureuse, car je viens de le constater dans les salles de classe où apprennent des étudiants venant de différents pays d’Afrique. L’idée est d’essayer de trouver une entente entre mon pays et le CESTI.
A la lumière de ce que vous venez de dire, pouvons-nous nous attendre à voir bientôt une coopération entre le CESTI et le Venezuela ?
J’espère que oui. Je pense que oui, et très bientôt.
Excellence, quel est l’état de la coopération entre le Venezuela et le Sénégal ?
Aujourd’hui nous cherchons à renforcer la coopération avec le Sénégal parce que les accords que nous avons signés depuis longtemps sont encore en vigueur. Mais leur mise en oeuvre n’est pas toujours effective à cause la distance entre le Venezuela et le Sénégal. Je parle des accords agricoles, culturels, économiques et techniques. Il n’a pas été possible de les développer.
Néanmoins, dans le domaine de l’éducation, nous avons entrepris plusieurs choses avec le Sénégal. Nous avons encouragé le système éducatif sénégalais en aidant les jeunes à poursuivre leurs études. Dans ce cadre, nous avons initié un programme dénommé « Parrainage d’une école en Afrique ». Depuis son exécution en 2006, 5000 élèves sénégalais en bénéficient. Dans le domaine de l’éducation, nous avons également construit une école à Louga du nom de "Simon Bolivar", où des élèves bénéficient d’une salle informatique et d’une grande bibliothèque. Nous envisageons aussi de construire une ferme scolaire afin de permettre aux élèves d’apprendre à faire les cultures maraichères, fruitières et à planter des arbres. Ces efforts seront faits dans le cadre de la grande muraille verte, car nous voulons accompagner ce projet panafricain. Nous attendons aussi la réponse du gouvernement sénégalais à propos du protocole d’accord que nous lui avons proposé pour la reconnaissance des diplômes obtenus par les Sénégalais qui ont fait des études universitaires au Venezuela.
Sur le plan culturel, nous avons aussi entrepris beaucoup de choses. Vendredi prochain, des groupes sénégalais participeront au quatrième festival culturel, des groupes comme Bidew Bou Bess mais aussi avec les composantes de la société sénégalaise. Les villes de Gorée et de la Patte d’Oie ont des jumelages avec des villes vénézuéliennes et ça marche bien.
Quelle est l’initiative du Venezuela pour faire bénéficier les formateurs sénégalais du savoir-faire de votre pays et vice- versa ?
Nous sommes ouverts à toutes les initiatives, mais il y a un blocage lié à la barrière linguistique. Dans cette optique, à une époque, nous avons voulu introduire le français comme seconde langue au Venezuela et nous avons pensé à une mobilité des formateurs sénégalais en français. Malheureusement la loi de mon pays en la matière exige que ceux qui doivent intervenir en tant qu’enseignants au lycée et collège doivent avoir le niveau de l’université. Et nous avions besoin de 6000 enseignants, ce que le Sénégal ne pouvait pas fournir. Donc nous sommes tournés vers l’Organisation internationale de la Francophonie pour qu'elle nous aide à atteindre cet objectif national. Nous pensons à l’avenir insérer des stagiaires vénézuéliens dans le système de formation universitaire sénégalais. L’université Bolivarienne du Venezuela et l’Université Gaston Berger de Saint- Louis ont un accord de partenariat. Là, nous essayons de développer un système de formation à distance.
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