Second tour : Le front anti-Wade se met en place

Avec les ralliements des coalitions "Benno Ak Tanor" et "Idy4président" à Macky Sall, le président sortant Abdoulaye Wade, semble de plus en plus isolé.

Macky Sall a réussi une bonne pioche vendredi en obtenant les soutiens du Premier secrétaire du Parti socialiste, Ousmane Tanor Dieng et de l’ancien Premier ministre, Idrissa Seck, arrivés respectivement 3e et 4e à l’élection présidentielle du 26 février dernier. Son adversaire au second tour, le président sortant Abdoulaye Wade, semble de plus en plus isolé.

Lors de sa rencontre hier avec Macky Sall, Ousmane Tanor Dieng a expliqué son soutien à ce dernier au nom des « engagements souscrits au niveau des Assises nationales et du M-23, qui disent « Wade dégage », « ne touche pas à ma constitution ». Si nous sommes conséquents avec ces engagements, nous ne pouvons pas soutenir Wade qui n’a pas droit à un 3e mandat ». « Nous avions dit que nous allions soutenir le candidat de l’opposition le mieux placé au second tour. Et comme nous n’avons aucun problème avec Macky Sall, nous le soutenons dans son combat », a justifié Ousmane Tanor Dieng.

Idrissa Seck a également avancé l’argument du respect de la parole donnée. « Je reste fidèle à mes engagements et principes politiques en respectant la promesse de soutenir le candidat le mieux placé au second tour ». Malgré les appels du pied de Wade et de ses alliés, Idrissa Seck a résisté aux sirènes du pouvoir libéral en se rangeant derrière Macky Sall, « sans condition, ni discussion préalable encore moins de marchandage ». Il a également rangé aux oubliettes la sourde rivalité qui l’oppose à Macky Sall. « La vie d’un homme est une insignifiance à l’égard de la vie d’une nation », a défendu M. Seck, qui appelle ses militants et sympathisants à voter massivement au second tour pour le candidat de l’opposition.

Le front anti-Wade se met petit à petit en place. Macky Sall bénéficie de l’appui de Amadou Makhtar Mbow, le président des « Assises nationales », du soutien du M-23 et celui du « mouvement Y’en a marre », qui a lancé l’opération "Doggali" (litt. en finir). « C’est le moment  ultime pour achever cette bataille entamée par le peuple sénégalais depuis le 23 juin. On soutient clairement Macky Sall. On appelle à voter massivement pour lui pour barrer la route à Abdoulaye Wade. On continuera d'ignorer le bulletin de ce dernier comme on l'a fait au premier tour », a déclaré Fadel  Barro, le coordonnateur du mouvement. Il a également exhorté Macky Sall à devenir « un président de type nouveau », conformément à la philosophie de leur mouvement qui milite pour un "nouveau type de Sénégalais" face à la crise éthique à laquelle notre pays est confronté.

Macky Sall bénéficie aussi du soutien de l’artiste Youssou Ndour qui a monté l’opération « wër ndombo » (litt. Encercler). L’ancien Premier ministre, Moustapha Niasse, candidat malheureux de « Benno Siggil Sénégal », a donné son « accord de principe » à Macky Sall. « L’essentiel, c’est de se tenir la main pour aller ensemble pour la victoire au soir du 18 mars afin de restaurer l’Etat de droit, de mettre fin à la cherté des denrées de première nécessité et à la gabegie », a estimé Moustapha Niasse.  

Il en est de même des candidats malheureux à la présidentielle comme le professeur Ibrahima Fall – qui appelle à « barrer la route à Wade » - et Cheikh Tidiane Gadio. Lundi, Cheikh Bamba Dièye, autre candidat malheureux, se prononcera. Ce sera à coup sûr pour annoncer son soutien à Macky Sall. Ainsi, l’étau se resserre autour d’Abdoulaye Wade qui ne compte plus que sur les appuis maraboutiques et les abstentionnistes pour espérer rempiler. Ironie de l’histoire, ce même Abdoulaye Wade avait profité d’un front anti-Diouf pour accéder à la magistrature suprême.

 

 

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Portrait de Aziz Bane
Aziz Bane |Etudiant au CESTI
 
 

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