Saccage des restaurants universitaires: Les repreneurs suspendent leurs activités
La décision est arrêtée. Les repreneurs n’en peuvent plus. Compte tenu des saccages des restaurants universitaires et dans un souci de ne pas mettre en danger leur vie et menacer la sécurité de leurs employés, ils ont décidé d’arrêter les prestations en attendant que le calme revienne.
Auparavant, c’est avec le cœur plein d’amertume et la voix cassée que Moustapha Amar a tenu à « apporter des éclaircissements sur les faits tels qu’ils se sont passés » tout en refusant de verser dans la polémique. Entouré des repreneurs des six autres restaurants de l’espace universitaire, le gérant du restaurant l’Ecole supérieur polytechnique (ESP) assène que les saccages sont d’une « ampleur et d’une violence extraordinaire ».
Selon lui, c’est aux environs de 20 heures 30 minutes que des étudiants se sont plaints de la forte salinité des steaks des hamburgers servis au restaurant "Argentin". Dans de pareils cas, poursuit-il, soit le service est interrompu, soit l’étudiant peut récupérer son ticket et aller dans un autre restaurant. Cette fois-ci, les étudiants n’ont rien voulu savoir. « Ils ont commencé à saccager et ont fait sortir tout le contenu des chambres froides en arguant que les aliments étaient pourris. Les autres restaurants n’ont pas été épargnés alors qu’ils n’étaient pas concernés », a déploré M. Amar.
Sur les griefs soulevés par les étudiants, le repreneur du restaurant de l’ESP reconnaît qu’il y a une part de vérité avant de tempérer. « Effectivement, il y a surcharge sur les dates trouvées sur les caisses de poissons. Mais, fait-il savoir, cette date n’est pas la date d’expiration mais plutôt la date de navigation du bateau qui a pêché ses poissons ».
Il est conforté dans ses propos par Samba Faye, chef du service du contrôle de l’hygiène des aliments et de l’accès aux restaurants universitaires. Selon ce spécialiste de l’agroalimentaire, il n’y a pas un seul produit alimentaire livré dans les restaurants universitaires sans qu'il ne soit conforme aux normes. « Les produits alimentaires sont livrés au port avec des certificats phytosanitaires signés dûment par des vétérinaires ou par des professeurs. Ils sont mis dans des camions frigorifiques et acheminés à l’université dans des camions frigorifiques avec un certificat de salubrité puis conservés dans des chambres froides à une température de moins 18 degrés permettant la continuité de la congélation, pour dire qu’il n’y a pas une possibilité de pourriture » , soutient-il. A la lumière de ces explications, pour que les produits soient pourris, il faut une rupture dans la chaîne de froid.
Très sûr de lui, M. Faye défie les étudiants de lui apporter les preuves que les denrées alimentaires qu’ils ont exhibées sont pourries. « Les étudiants ne peuvent fournir aucune preuve pour démontrer que ce qu’ils mangent n’est pas de qualité ou que c’est pourri ».
Sur la viande qui est servie aux étudiants, Moustapha Amar revient à la charge pour dire que c’est de la viande de bœuf contrairement aux rumeurs selon lesquelles ce serait de la viande de cheval. « Un cheval est plus cher qu’un bœuf, alors pourquoi acheter un cheval ?», se demande-t-il.
La fermeture des restaurants a favorisé la ruée vers les restaurants privés de l’espace universitaire où les prix du plat varient entre 500 et 600 FCFA. Comme quoi, le malheur des uns fait le bonheur des autres.
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