Réduction des prix des denrées alimentaires : Une promesse qui fait mouche ?
« Je m’engage [...] à mettre en œuvre, dès les premiers jours de mon mandat, des mesures immédiates de réduction des prix des produits de première nécessité comme le riz, l’huile et le sucre ». Cette promesse, aux allures électoralistes, est du candidat de la coalition Bennoo Bokk Yaakaar, est devenue un refrain bien familier aux citoyens lambda. De la capitale au pays profond en passant par les contrées les plus enclavées, partout où il passe, Macky Sall tente de gagner la confiance des électeurs en égrenant un chapelet de promesses.
Des mesures aussi généreuses les unes que les autres ont été présentées. Celle qu'il brandit le plus reste la réduction du prix des denrées de base. Sur quelle béquille compte-t-il s'appuyer pour mettre en œuvre une telle mesure si toutefois il est porté à la magistrature suprême au soir du 25 mars ? Macky Sall explique : « Nous comptons économiser 130 milliards de francs CFA par an en réduisant le train de vie dispendieux de l’Etat, compte non tenu d’autres mécanismes que nous sommes en train d’élaborer pour que cette décision soit prise immédiatement ». Cette déclaration a été faite lors du meeting de Khar Yalla, organisé dans le cadre de l'opération Wër Ndombo de l'artiste Youssou Ndour, en présence de nombreux candidats malheureux au premier tour. Est-ce une mesure suffisante ? On en saura davantage.
De son côté, le candidat des Fal 2012, Abdoulaye Wade se montre plus prudent face aux promesses sur la baisse du prix des denrées. Recevant des membres du bureau national de l'Union nationale des commerçants et industriels du Sénégal (Unacois), conduit par Ameth Fall Braya, le président sortant estime que ce n'est pas au cours des meetings qu'on baisse les prix des denrées. Il explique que le Sénégal ne peut pas toucher à la structure du prix du sucre ou de l'huile sans passer par certains organismes comme l'UEMOA ou la CEDEAO.
Quoi qu'il en soit, les pauvres gorgorlou, qui ne cessent de tirer le diable par la queue et de se plaindre de la cherté de la vie, continuent d'assister impuissants à la chute vertigineuse de leur pouvoir d'achat, sous le poids de la hausse des prix.
L'inflation mondiale, l'obstacle à surmonter
Dans leur volonté de réduire le prix des denrées alimentaires, les deux candidats admis au second tour devront prendre en compte la flambée vertigineuse des cours mondiaux. Comme le soulignait au début de ce mois, la dernière note de conjoncture de la Direction de la prévision et des études économiques (Dpee) sur l'impact de la hausse des cours mondiaux sur les prix nationaux. Selon ce rapport, l’inflation moyenne annuelle du Sénégal est ressortie à 3,4%, soit au dessus du seuil de la zone UEMOA fixé à 3%. Cette situation, ajoute la même source, est consécutive à l’augmentation des prix des denrées alimentaires (6,6%), de ceux des produits énergétiques (électricité, gaz et autres combustibles) (7,5%) et par conséquent, ceux du transport qui ont cru de 5,5% sur l’année.
Quels mécanismes pour freiner la flambée des prix ?
Toutefois, il parait nécessaire de souligner que le moyen privilégié par les gouvernants comme les nôtres pour diminuer les prix des produits à la consommation demeure la politique de subvention, c'est-à-dire une aide financière puisée à partir de fonds publics. Outre cette mesure, le futur président et son équipe devraient exploiter d'autres mécanismes plus efficients afin de faire face à l'accroissement sans arrêt des cours des denrées. Il s'agit, à cet effet, d'apporter un soutien conséquent aux acteurs agricoles en leur dotant de semences de bonne qualité, d'engrais et de matériel agricole plus moderne. Il devra également faire des investissements importants dans l'agriculture vivrière avec un encadrement des acteurs et inciter les populations à opérer des changements dans leurs habitudes alimentaires, en les sensibilisant sur les bénéfices qu'elles peuvent tirer du consommer local.
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