La Raddho va déployer 535 observateurs pour les Législatives

Dans le cadre de l’exécution de son programme intitulé « Projet d’appui à la participation citoyenne, à la consolidation de la démocratie et au suivi des processus électoraux au Sénégal », la Raddho va déployer une mission d’observation sur le terrain. En amont, une campagne de sensibilisation a été menée pour inciter les électeurs à aller voter massivement demain.

La Raddho (Rencontre africaine de Défense des droits d’Homme) a retrouvé sa place d’observateur dans le processus électoral. En effet, cette association de défense des droits de l’Homme n’avait pas pu, du moins de manière officielle, déployer une mission d’observation sur le terrain lors de la dernière présidentielle comme elle le fait depuis 1993 car les autorités de l’ancien régime lui avait refusé une accréditation. « Pour la présidentielle, nous avons observé dans la clandestinité, mais pour les législatives, ce ne sera plus le cas, nous allons opérer au grand jour », a assuré Alioune Tine, le coordonateur de la Raddho.

Pour les législatives de dimanche, la Raddho va dépêcher 550 observateurs sur l’ensemble du territoire national en plus de dizaines de superviseurs et d’experts. « Cela a été possible grâce à l’Union Européenne, mais nous allons travailler avec le réseau Siggil Jiggen et toutes les institutions de régulation comme le ministère de l’Intérieur », a fait savoir Alioune Tine. 

Le programme « Projet d’appui à la participation citoyenne, à la consolidation de la démocratie et au suivi des processus électoraux au Sénégal », qui va durer 24 mois, a été financé à hauteur de 247 000 euros  par l’Union Européenne. Ce montant représente 86 % du budget dont le reste a été pris en charge par la Raddho. Il couvre les 14 régions du Sénégal et sera exécuté en partenariat avec le "Réseau Siggil Jiggen" lequel aura pour mission de s'occuper des activités relatives à la promotion de la parité. Selon Alioune Tine, ce programme est un vieux projet qui date de l’année dernière et devait prendre en considération la présidentielle de 2012. « Mais l’ancien régime a refusé de nous donner l’accréditation pour déployer une mission d’observation sur le terrain, ce qui avait obligé notre bailleur à le suspendre ».

En outre, ce programme comporte un volet important de promotion de la citoyenneté et du processus électoral. En effet, des campagnes de sensibilisation, la publication de bandeaux dans la presse pour demander aux citoyens d’aller voter massivement le 1er juillet prochain, la confection de tee-shirts, le déroulement d’ateliers de renforcement de capacités en matière de citoyenneté et de promotion de la parité, l’accompagnement des femmes élues à l’Assemblée nationale et aux élections locales de 2014, l’appui au dialogue politique rompu depuis quelques années avec l’organisation d’une conférence nationale sont les autres activités qu’a déjà pris ou que va prendre en compte ce programme.

Macoumba Coumé, directeur de la formation et de la communication à la direction des élections a salué cette initiative qui, selon lui, « vient à son heure car le ministère de l’Intérieur a aussi un volet communication en termes de sensibilisation des électeurs. Alors, si la Raddho prend une initiative allant dans ce sens, nous ne pourrons que nous en féliciter ».

Craignant un taux de participation faible lors des législatives, tous ont lancé des appels pour que les électeurs aillent voter massivement. « Nous espérons que tous les électeurs iront massivement dans les bureaux de vote pour accomplir correctement leur devoir citoyen. Si les citoyens ont pleinement conscience que les députés sont leurs représentants, alors je pense que la participation sera importante », a lancé M. Coumé. Dans la même veine, Alioune Tine a encouragé les citoyens à aller voter en masse car « l’Assemblée nationale est aussi un enjeu pour la démocratie, un enjeu pour les nouvelles institutions que nous voulons, afin d’avoir une Assemblée de rupture. Ne négligeons pas l’Assemblée nationale ». Des porteurs de voix comme le lutteur Balla Gaye 2 et l’humoriste Koutia ont été conviés dans ce sens afin qu’ils sensibilisent sur la nécessité du vote et sur la prise de conscience citoyenne.

Le professeur de Droit constitutionnel Ismaëla Madior Fall, présent à cette cérémonie de lancement, est inquiet quant au taux de participation au regard du peu d’engouement constaté durant la campagne: « Certes les législatives sont moins passionnantes que la présidentielle, mais il n’en demeure pas moins qu’elles sont des élections à multiples enjeux ».

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Elhadji Ibrahima Thiam |Etudiant-Journaliste-Blogueur

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