La quête permanente de la démocratie
Longtemps considéré comme une « vitrine démocratique », dans une Afrique dominée par le pouvoir militaire, le Sénégal a connu la première alternance politique de son histoire postcoloniale en l’an 2000, avec l’élection d’Abdoulaye Wade. Cependant, l’expérience démocratique sénégalaise a montré ses premiers signes d’essoufflement avec la décision du président sortant de briguer un troisième mandat alors que la Constitution ne lui en autorisait que deux. Le combat pour le respect de la Constitution a conduit à la défaite de Wade et à la deuxième alternance politique avec l’élection de Macky Sall. Ce combat a été conjointement mené par l’opposition et la société civile, notamment la jeunesse regroupée au sein du mouvement « Y’en a marre », et l’affirmation de la conscience citoyenne, grâce au travail des médias.
Durant la présidentielle de 2012, les journalistes ont contribué à l’émergence d’une culture citoyenne. Selon Moustapha Guèye, professeur au Centre d’Etudes des Sciences et des Techniques de l’Information, le traitement de l’information durant la présidentielle a été important et surtout déterminant. Les journalistes ont pratiquement quadrillé tout le territoire national, l’ensemble des bureaux de vote, et dénoncé les dysfonctionnements en temps réel, remarque t-il. Depuis les années 1990, les médias ont contribué de façon décisive à l’avancée de l’expérience démocratique sénégalaise.
Fadel Barro, journaliste, coordonnateur du mouvement « Y’en a marre » (société civile, Dakar) avance « l’on s’engageait, dit-il parce qu’on en avait marre de rester les bras croisés. Nous avons dit « va pour un nouveau type de Sénégalais ! », à commencer par nous-mêmes, en rompant avec nos habitudes laxistes et fatalistes pour tendre vers un idéal de citoyenneté active, capable de se prendre en charge et d’assumer pleinement son rôle et ses responsabilités dans l’émergence d’un Sénégal nouveau ».
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