Manifestation M23 / Répression policière: La violence étouffe Dakar et ses artères

 

La manifestation des mouvements Y’en a marre et M23 à la place de l’indépendance a été, une fois de plus, réprimée par les forces de l’ordre. Ce qui a replongé la capitale sénégalaise, Dakar, dans la violence, après le léger calme noté lundi sur les avenues Lamine Guèye et Ponty. 

 

Lieux de rassemblement des leaders de l’opposition et du M23, les avenues Lamine Guèye et Ponty ont été très tôt prises d’assaut par les manifestants, scandant différents slogans. « Wade dégage, notre constitution n’est pas un mouchoir à jeter, Ousmane Ngom et sa police assassins, non à la dévolution monarchique entre autres…», fulminaient-ils.

C’est une manière particulière pour ces jeunes de manifester leur opposition par rapport à la candidature de Me Abdoulaye Wade.

Membre de la coalition Benno Siggil Sénégal de Moustapha Niasse, l’avocat Me El Hadji Diouf a été le premier sur les lieux.

Habillé en tenue traditionnelle, il lance un appel solennel au président sortant, Me Abdoulaye Wade. « Wade doit retirer sa candidature, s’il aime tant soit peu son pays. Il ne doit plus s’accrocher au pouvoir, afin d’éviter au peuple sénégalais de subir les mêmes peines que les ivoiriens, libyens », crache-t-il. 

Cependant, Me El Hadji Diouf a récolté quelques huées de la part des manifestants qui n’ont pas apprécié ses attaques dirigées contre Cheikh Bamba Dièye. En effet, M. Diouf pense que le leader du FSD/BJ est en train de faire de la récupération.

Les va-et-vient des manifestants sur l’avenue Ponty se poursuivent, sous le regard sérieux et attentif des policiers qui n’ont pas répondu aux provocations.

Fortement ovationné par les jeunes, le leader de la coalition « Idy 4 president », Idrissa Seck se pointe à l’avenue Ponty aux environs de 16 heures. Il faut noter que sa garde rapprochée voulait semer la vigilance des forces de l’ordre, en faisant des manœuvres avec leurs véhicules. N’ayant pas accès à la place de l’indépendance, il tient son discours à bord de son véhicule. « Je me demande pourquoi on ne peut circuler sur la place de l’indépendance. Le régime d’Abdoulaye Wade bafoue les dignités humaines et sème le désordre dans ce pays. La lutte contre la candidature de Wade ne fait que commencer et nous n’abandonnerons pas », confie-t-il.

Sa candidature à l’élection présidentielle recalée, le leader du mouvement « Féké Ma Ci Bolé », Youssou Ndour est venu apporter son soutien aux chefs de l’opposition. Très engagé, M. Ndour a laissé entendre : « nous n'allons pas accepter qu’on tripatouille notre constitution. Wade n’a pas le droit de battre campagne ni de participer à la prochaine présidentielle. Nous luttons contre ce pouvoir qui a fait trop de mal, avec les morts notées ces derniers jours. Et cette situation ne peut plus continuer »

Pendant ce temps, Cheikh Bamba Dièye avait déjà gagné la place de l’indépendance, avant d’être repoussé par les policiers qui l’ont mis dans une voiture.

Quelques instants plus tard, il rejoint Youssou Ndour et Serigne Mansour Sy Djamil sur la voiture d’Ibrahima Fall (Taxam Temm), qui est favorable à un report de la présidentielle.

Après un round d’observation de plus de deux heures, les affrontements démarrent avec des jets de pierres, venus du côté des manifestants. Une action lourdement réprimée par les forces de l’ordre qui ont chargé la foule. Il s’en est suivi une course-poursuite sur l'avenue Lamine Guèye et environs. Ce qui a occasionné des blessés, dont un gamin qui aurait été touché par une balle blanche. Il sera transporté par les agents de la Croix Rouge qui abattent un gros boulot depuis le début des manifestations.

A 20 heures, on ne voyait plus personne au rond point Sandaga à part les policiers qui étouffaient leurs soifs avec des tasses de café. Une manière assez spéciale de dégager l’odeur des lacrymogènes. 

a propos de l'auteur

Portrait de Mor Bassine Niang
Pape Mor Bassine NIANG |Etudiant en journalisme au CESTI

je le garde pour mes fans, rires.........

 
 

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