Le CICR investit les réseaux sociaux

Le cours de multimédia en 3e année a changé de cadre hier. Les étudiants, en compagnie du professeur Mamadou Ndiaye ont été invités par le Comité international de la Croix-Rouge (Cicr) à participer à une discussion sur « les réseaux sociaux au service de l’action et du droit humanitaire ».

L’échange depuis Genève avec l’administrateur du site du Cicr, Boualem Belbachir, était réel. Ou presque. La distance était technologiquement supprimée avec la vidéoconférence. Entre le Cicr et les réseaux sociaux, l’histoire est récente, mais la relation semble partie pour durer. Resté longtemps discret, le Cicr, créée en 1863 pour une mission « exclusivement humanitaire », veut désormais évoluer avec le monde. Ainsi l’organisation humanitaire a intégré dans toutes ses plateformes des circuits conduisant à Tweeter et Facebook. Inédit. Selon Belbachir, le site est régulièrement visité par les ONG, les gouvernements. Les journalistes et les médias représentant 10 % des visiteurs.

De sa présentation chiffrée, il est ressorti que le Sénégal, le Mali, le Burkina Faso, le Niger, la Guinée comptent 2,8 millions de personnes connectées à Internet, en 2011. De plus, les utilisateurs du réseau social Facebook dans ces cinq pays de l’Afrique de l’Ouest sont estimés à un million au courant 2012. Ces chiffres en progression reflètent l’existence d’un espace de promotion pour toute institution désireuse de visibilité. Mais, l’étude préalable des caractéristiques des nouveaux médias est nécessaire.

Pour prospérer sur les réseaux sociaux, trois activités doivent guider : publication, promotion, discussion. Ce triptyque de la « communication online » stipule que les articles mis en ligne sont promus pour susciter ensuite la réaction des utilisateurs, a expliqué Boualem Balbachir.

En plus du site institutionnel, le Cicr a ouvert un faisceau de blogs dans le monde dont l’un est géré à Paris par Frédéric Joli, chargé de la communication. De son bureau, il a levé les mystères du multimédia, « cette force du web », au point de surprendre un féru du blogging, Fabio Gbadson. L’étudiant est en effet émerveillé par la diffusion en direct d’une vidéo sur Facebook. Pour cela, Joli lui a joliment expliqué qu’il a dû faire appel à des prestataires équipés de trois cameras pour effectuer « un léger direct » sur le réseau social au cours d’une conférence. L’intérêt du blog, dénommé « l’humanitaire dans tous ses états », est de promouvoir le site du Cicr, fidéliser davantage les journalistes. Ces derniers, en butte à un déficit d’espace, sont aussi relayés auprès du public, a rapporté le chargé de communication.

Contrairement aux médias traditionnels -radio, télévision et presse écrite- le web intègre à la fois la vidéo, le texte et le son. Cela nécessite en conséquence une adaptation des programmes mis en ligne. Avec un temps moyen de visite de 2 minutes 30, le blogeur publie des contenus de courte durée pour un rapide parcours des informations. Nouveaux médias, nouvelles pratiques…

La présentation du site web de l'Espace Jeanie Waddell-Fournier, suivie d'intéressants échanges, a été le clou de la manifestation qui a enregistré la présence d'un important public. Cet espace "met à la disposition des chercheurs, étudiants, institutions nationales et internationales une documentation appropriée et leur offre la possibilité de participer à la mise en débat de thématiques liées à l'action et au droit humanitaire (conférences / débats, projections de films, ateliers...)".

 

a propos de l'auteur

Portrait de Abdoulaye Niass
Abdoulaye Niass |Etudiant en journalisme CESTI
 
 

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