La protection sociale au Sénégal : Les défis du financement
Le lancement, mercredi, du deuxième numéro de la revue Les cahiers du plan a été l'occasion pour les participants à cette rencontre de faire l'état des lieux sur la protection sociale au Sénégal. Selon le ministre de l'Économie et des Finances, M. Abdoulaye Diop, représenté par son directeur de cabinet, la protection sociale reste un facteur crucial de croissance économique durable et équitable. Car, explique-t-il, elle contribue d'une manière fondamentale au développement humain et favorise la réduction de la pauvreté. De l'avis de Zeynab Mbengue Wade, administrateur civil, conseillère technique au ministère de L'Économie et des Finances, l'absence de protection sociale est un des facteurs de basculement des ménages dans la pauvreté augmentant ainsi le nombre de pauvres lorsqu'ils deviennent des chocs et annihilant les efforts des pouvoirs publics.
Dans un autre registre, la conseillère technique indique qu'avec un taux de chômage élevé et un secteur informel très important dans l'économie nationale, il est absolument nécessaire d'adopter des stratégies appropriées pour atténuer la vulnérabilité des nombreux Sénégalais non couverts par un régime de protection sociale. A en croire la représentante du ministre, la protection sociale basée sur la contribution préalable ne concerne que 20% de la population sénégalaise. Ainsi, les 80% ne sont concernés par aucune forme de protection qui leur permettrait de mieux gérer les risques de la vie.
Pour Mouhamadou Lamine Niang, juriste en droit privé, l'économe informelle, grand pourvoyeur d'emplois est à la fois le secteur le plus désorganisé mais aussi le plus "déprotégé". Cela, soutient le juriste, se manifeste à travers une option législative restreinte aux conséquences discriminatoires. Dans les pays industrialisés, on enregistre entre 90 et 100% de couverture alors qu'au Sénégal, elle est de 14% avec un système de sécurité, a fait remarquer M. Niang.
L'équation du financement de la protection sociale
Evoquant la question financière, Zeynab Mbengue Wade révèle qu'au Sénégal les données publiées dans le document de la Stratégie nationale de protection sociale montre que le niveau de ressources drainées par la sécurité sociale formelle s'établit à près de 70,5 milliards de francs Cfa pour la seule année 2001. Alors qu'en France, révèle-t-elle, le système de protection sociale représente environ 500 milliards d'euros chaque année, soit 30% du produit intérieur brut (Pib). En 2003, le total des dépenses publiques liées au filet de sécurité et à l'assurance sociale au Sénégal a été estimé à 1, 16% du Pib contre une moyenne de 1, 44% pour l'Afrique subsaharienne (2, 9% du Pib en Amérique latine et Caraïbes, 2, 4% en Asie de l'Est et le Pacifique, en guise de comparaison).
Étiquettes
Cesti info live




















