La culture à l'agonie à Dagana
De la résistance de la Reine NDatté Yala, à celle de son fils Sidiya qui fréquenta l’école française, c’est autant de possibilités qui font la fierté de Dagana. « La première communication téléphonique entre la France et le Sénégal s’est faite au Fort de Dagana » nous dit Mbaye Diack, historien de Dagana. Pourtant, ce haut lieu historique est en phase d’être transformé en hôtel.
La culture tarde à jouer son rôle dans le développement de la localité. À Dagana, l’activité culturelle est presque inexistante. Au moment où Saint Louis possède « un festival de Jazz », Podor un « Festival Du Fleuve », Dagana se voit comme un simple spectateur. « La culture est le parent pauvre de Dagana. Elle est entrain de mourir à petit feu » se désole Cheikhou Diarra, Directeur général du Centre départementale d’éducation professionnelle et sportive de Dagana (CDEPS). En effet, il révèle que la culture est laissée en rade dans la subvention des secteurs d’activités. Ainsi, la municipalité préfère mettre de l’argent dans les activités sportives que culturelles.
Dans la ville de Dagana, il y'a plusieurs groupes qui s’activent dans diverses activités culturelles : danse, théâtre et chants. Parmi ces groupes, il y a la « troupe Dunya » qui a participé au festival national. Alioune Ndiaye, trouvé au Centre de santé, nous énumère fièrement le parcours de sa troupe. « Malgré le fait qu’on ne reçoit pas de subvention venant des autorités municipales, on a, à trois reprises, représenté la région de Saint Louis aux Phases nationales (navétanes). La dernière en date c'était au mois de janvier dernier ». La troupe, au nombre de vingt (20) comédiens, fait souvent des prestations dans d’autre localités en partenariat avec les municipalités. Les troupes développent des thèmes comme le « cousinage à plaisanterie ».
La formation des acteurs culturels demeure un réel problème. En général, des sessions de formation sont organisées, mais les participants se prennent en charge eux-même. Malgré, l’engouement de la population pour leurs productions, les acteurs culturels regrettent la politisation du secteur. Cheikhou Diarra renseigne que « 90% de nos structures sont politiques. Si vous n’êtes pas du côté des autorités, elles ne vous appuieront pas ».
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