Elections législatives : Les étudiants organisent des caravanes pour aller voter

Les caravanes pour le vote des législatives du dimanche ont commencé à quitter le campus universitaire ce jeudi . L’affluence n’est pas grande contrairement à l’élection présidentielle. Un fait qui s’explique par l’approche des examens pour les uns et pour les autres, l'objectif le  plus important a été atteint au cours de la présidentielle de février-mars 2012 : faire chuter le président Wade.

 

Le temple du savoir est animé de monde, ce jeudi, par les étudiants qui doivent faire le déplacement pour les élections législatives dans les différentes régions, départements, communes ou autres.

Vers 18 h, la devanture du pavillon A est prise d'assaut par des étudiants voyageurs. Ces derniers attendent tranquillement le départ de leurs bus. Vêtue d’un jean bleu, d’un body blanc, d’un foulard autour de la tête, Maty Ndiaye attend le départ de son bus en direction de Linguère. La fille aux dents blanches, souriante, nous explique que « le vote est un droit civique ». L’engouement n’est pas le même que celui de l’élection présidentielle. Mlle Ndiaye pense que « le plus important est passé. C’était l’élection présidentielle, où le peuple était très engagé à faire partir l’ancien régime dont il en avait marre. C’est, selon moi, ce qui est à l’origine de ce faible taux d’étudiants voyageurs ».

Djibril Badiane, vêtu d’un tee- shirt vert du parti socialiste, attend le départ de leur caravane pour Kaffrine prévu demain. Le garçon, au teint noir, explique cette faible affluence par l’approche des examens. « Les examens sont proches. Je pense que mes camarades étudiants sont plus préoccupés par cela que par un voyage. A l’élection présidentielle, il n’y avait pas de cours à cause des grèves. Donc là, il était plus facile de se déplacer sans aucun souci ». Le jeune Kaffrinois, dit que « malgré ce faible taux de déplacement des étudiants, nous avons nos mots à dire. Nous demandons aux députés élus à la suite des élections d’être ceux du peuple ». A côté des bancs publics mitoyens au pavillon A, Seynabou Sow, vêtue d’une tenue traditionnelle, de taille moyenne, debout et tenant son sac à la main, attend le départ du bus en direction de Dagana. « Nous partons pour accomplir notre devoir civique. Je pense que c’est le plus important. Quels que soient ceux qui vont être élus, qu’ils travaillent pour le peuple », dit-elle.

A quelques mètres de là, à l'arrière du restaurant Self, les étudiants de Ziguinchor sont beaucoup plus nombreux. Bienvenue Gaston Malack, un jeune homme à la forte corpulence portant une croix et vêtu d’un tee-shirt blanc qui laisse apparaître sa poitrine bombée, est chargé de la gestion du bon déroulement de la caravane qui doit rallier la Basse Casamance. Le jeune chrétien, conduisant la caravane de la coalition Benno Bokk Yakaar est optimiste quand au retour au sud du pays. « Je pense qu'avec Macky Sall et les membres de sa coalition, la paix définitive sera de retour. Car ils ont cette volonté. Et durant le voyage de Macky Sall à Ziguinchor, il s’est rendu dans les villages les plus reculés, les casernes des militaires. Et c’est la première fois qu’un président le fait. C’est pour vous dire qu’il a cette volonté et que la paix est une priorité pour lui. Donc nous allons voter massivement pour lui donner la majorité dans notre région ». Matar Ndiaye, chauffeur de bus, trouvé à côté de son véhicule, chaussures plastiques sur ses pieds, boit tranquillement son café « Touba ». Il se désole, en haussant les épaules, du fait que ces élections législatives ne sont pas trop bénéfiques pour eux: « nous n’avons pas gagné beaucoup d’argent à l'occasion de ces élections législatives, contrairement à celle de la présidentielle ». 

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