Echos de Dagana

Depuis notre arrivée au Walo, beaucoup de choses se sont passées dans cette ville merveilleuse. J’ai voulu attendre la fin du stage pour faire des révélations, mais il faut que je déballe maintenant.

Tout d’abord, je voudrais parler des préjugés par rapport à la ville de Dagana. Chacun de nous pensait vraiment souffrir une fois dans cette ville. Certes, il fait extrêmement chaud, mais il faut faire avec car on y peut rien. La vie est belle à Dagana.

Quand nous sommes arrivés à Dagana, plus précisément au centre Morgane Grossman et après avoir pris nos quartiers, il était question pour nous de marquer nos repères. Un petit tour dans la ville nous a permis de reconnaître quelques lieux et quartiers de Dagana. Il fallait vraiment nous voir déambuler dans les artères de la ville et discuter avec les Daganois.

L’ambiance est vraiment bonne au centre Morgane. Je loge dans la chambre "Rufisque" avec Daouda Sow, Mor Bassine Niang, Saliou Seck et Amadou Sabar Bâ. Daouda Sow est lui obligé de prendre un escalier pour accéder à son lit. Quand il y est, on peut entrer et sortir de la chambre sans se rendre compte de sa présence. C’est pourquoi Mor Bassine l’a involontairement enfermé dans la chambre à l’heure du déjeuner. Il a fallu qu’il appelât au téléphone pour pouvoir prendre le repas avec ses camarades.

Autre fait noté, c’est le doyen Omar Baldé qui, lors de notre visite à Richard-Toll a oublié son téléphone sur une calèche qui nous conduisait au marché de la ville. Quand il s’en est rendu compte, il s’est mis à la recherche de la calèche qui était déjà partie. Heureusement pour lui, le charretier joint par téléphone a pu lui ramener son joujou. Ce qui a été fait sinon personne n’allait travailler ce jour là. Restons avec Omar Baldé qui s’est encore illustré à Richard-Toll. Lors d’une interview avec un responsable de la CSS, il provoqué la colère de son interlocuteur pour lui avoir demandé... d'élever la voix. L’interview tourne court. Heureusement qu’on a pu trouver un autre interlocuteur.

A Bokhol, Cheikh Abdou Khadre Mbacké Seck pressé de rentrer après une interview, oublie son téléphone portable sur place. Il lui a fallu retourner sous le chaud soleil pour récupérer son bien.

Toujours à Richard-Toll, Ibrahima Diamé et Sékou Gadjigo ont failli être tabassés par un producteur de canne à sucre trouvé dans son champ. Il y a eu plus de peur que de mal. Le cultivateur accuse les deux apprentis journalistes de lui avoir manqué de respect.

Cheikh Abdou Khadir Mbacké Seck et Ngagne Fall ont échappé aux prisons mauritaniennes. Ils voulaient se rendre à Dagana Mauritanie, mais ils ont été refoulés par les gardes côtes mauritaniens.

Aziz Bane lui est en danger. Il est chargé de réveiller les étudiants et il le fait de fort belle manière malgré les réticences de bon nombre d’entre eux. Il se réveille à 5h 30 du matin pour tirer, à 6h pétantes, ses camarades de promotion des bras de morphée. Depuis, il reçoit des menaces de la part de certains de ses camarades qui souhaitent se réveiller à 7h ou même à 7h 30. Personne n’est épargné par cette opération. C’est difficile de se réveiller tôt mais le journaliste doit être ponctuel si l’on sait que les distances à parcourir pour les reportages sont longues.

Lorsque nous nous sommes rendus à Dialawali, Oumar Sow n’a pas pu avoir une personne ressource pour recueillir des informations. Le soir, en réunion de rédaction en presse écrite, il a laissé entendre qu’il a interviewé le chef de village pourtant décédé. Ce qui a poussé notre encadreur, M. Djib Diedhiou, à lui demander s’il a fait une interview d'outre-tombe. Ce qui a déclenché l'hilarité générale.

Charlène Mouboulou, faute de trouver des interlocuteurs francophones, se débrouille avec le wolof. Cela vaut vraiment le détour d'écouter Charlène baragouiner le wolof. Le seul mot qu’elle sait prononcer c’est « niata » ou combien en wolof. Elle parvient quand même à s’en sortir.

Pour boucler, nos encadreurs se sont illustrés eux aussi de fort belle manière le jeudi 7 juin. Alors que nous revenions de Mbane, les professeurs, sans doute vaincus par la fatigue du voyage, sont restés dans leur chambre. A l'heure du repas, ils ne se sont pas présentés au réfectoire et aucun étudiant ne s'en est rendu compte. C'est une demi-heure après le repas qu'ils sont descendus pour prendre le déjeuner.

A suivre.

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Portrait de Aziz Bane
Aziz Bane |Etudiant au CESTI
 
 

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