Diouma DIAKHATE : La couturière aux doigts de fée.

L’ancienne secrétaire devenue une couturière de renom qui habille les grands hommes et grandes dames du continent, est entrée en politique pour soulager les couches pauvres de la société.

Les histoires qui commencent sur un coup du destin finissent souvent en une « success story ». Celle de la styliste et couturière de renommée internationale, Diouma Diakhaté, en est un exemple type.  Née le 3 décembre 1947 à Rufisque, vendeuse de jus locaux à la gare ferroviaire de Rufisque pour aider ses parents, puis secrétaire à l’Agence africaine de sécurité et de navigation aérienne (ASECNA), Diouma Diakhaté, abandonne un beau jour stylo et paperasse pour les ciseaux, les fils et les aiguilles. Commence alors une nouvelle carrière à laquelle rien ne la prédestinait. Partie de deux machines à coudre et sans avoir suivi de formation, elle entreprend sur le tas de faire de la coupe et le reste est venu avec l’expérience. Cependant, précise-t-elle souvent, son choix est avant tout guidé par une passion intense pour la mode. Depuis son jeune âge, Diouma Diakhaté a toujours été enchantée par l’élégance et les beaux habits.

Dans l’univers des tissus, la couturière excelle rapidement et ouvre en 1981 à Dakar son atelier, Shalimar Couture. Le talent discret éclot aussitôt et révèle une créativité et une imagination hors-pair. Sa gamme de vêtements, variés et authentiques, présentée un peu partout dans le monde en diverses collections, ne manque pas de séduire la jet-set sénégalaise, de nombreux chefs d’Etat africains et leurs épouses. Depuis, Diouma Diakhaté est devenue une icône incontestée de la mode et du monde des affaires. Et surtout le chouchou des premières dames. Sa réputation internationale provient d’un talent certain pour la création de boubous raffinés et subtils, alliant avec classe tradition et modernité.

Icône de la mode.

L’anecdote retiendra que c’est cette dame qui a confectionné le boubou porté par Abdou Diouf lors de sa première sortie comme président de la République. Diouma Diakhaté aime également le mélange des couleurs et travaille beaucoup la soie, « un tissu noble et chic auquel il faut donner de la prestance », selon la styliste. Les récompenses et la reconnaissance sont aussi venues confirmer le talent de la dame Diakhaté. En 2004, elle est désignée « femme de l’année » au Sénégal, avant de se voir décerner en 2005 le Grand prix du président de la République pour la promotion de l’artisanat.

La dame aux doigts de fée est aussi un cœur en or, qui s’investit depuis années dans le domaine du social. Elle transforme sur fonds propres la maison de ses parents sise au quartier Dangou, à Rufisque, en maternité baptisée « Dial Basse », du nom de sa mère. Ses actions humanitaires ont traversé les frontières du Sénégal. Diouma Diakhaté assiste parfois des populations sinistrées au Mali, au Burkina Faso, en Guinée et même en Angola, où elle a fait un don de 24 000 dollars pour une œuvre caritative.

Candidate autoproclamée des chômeurs

Sous la bannière de l’« Initiative démocratique Jubël », Diouma Diakhaté se lance dans la course présidentielle de 2012 comme «candidate des chômeurs, des domestiques et des pauvres». Nombre de Sénégalais la suspectent d’être parrainée par le pouvoir. Ce qu’elle rejette en tenant un discours sans concession contre le président Abdoulaye Wade. A l’ouverture de la campagne électorale, les Sénégalais découvrent à travers le filtre cathodique, la politique Diouma Diakhaté, gagnée par le trac et butant sur les mots. Mais elle offre l’image d’une dame qui se maintient par la pratique sportive, très raffinée, à la poitrine généreuse à son âge – les effets de la chirurgie esthétique ? - dans des tailleurs à la coupe parfaite et des « Abety » sexy. Ce qui est tout à fait normal. Diouma Diakhaté ne rate jamais l’occasion de rappeler aux Sénégalaises que le soin vestimentaire et la coquetterie sont des « armes » pour faire face au poids de l’âge et garder son… homme. Mais la candidate des chômeurs est desservie par son faible niveau de langue, confondant « mobilisation » et « immobilisation », « ovationner » et « ovazionner », « électrifier » et « électriser »… Tout cela risque de porter un sacré coup à l’image de cette dame qui pourtant s’est faite au forceps. Une vraie battante.

Source : Les Cahiers de l’Alternance du CESTI/FKA, n° 10, décembre 2006.

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