Cheikh Bamba Dièye déjoue la vigilance de la police.
En survêtement kaki, le candidat Bamba Dièye est arrivé incognito à la place de l’indépendance vers 18h. Pendant ce temps, Idrissa Seck tenait un discours à quelques encablures de l’immeuble La Rotonde. Son confrère du M23 et maire de la ville de Saint-Louis a réussi à accéder à la place interdite en prenant des voies détournées. Une fois sur place, Cheikh Bamba Dièye a ôté sa casquette et a crié ‘’vive la république, vive le peuple ‘’ avant d’être finalement appréhendé par les policiers stationnés non loin de là.
Conduit par les forces de l’ordre dans un pick up, loin de la place de l’indépendance avant d’être relâché, le leader du FSDBJ a réussi à tromper une seconde fois la vigilance des limiers et arrive cette fois du côté opposé, toujours en criant ‘’ vive le peuple, vive la république, vive la démocratie’’. Cette fois, il n’est pas arrêté par les policiers, mais, il est rejoint par les journalistes à qui il dit « ils ont blessé mon garde du corps, ils lui ont tiré à la main. C’est regrettable pour notre pays. Le Sénégal a besoin de démocratie, le Sénégal a besoin de paix et de justice ». Après son témoignage, le candidat membre du M23 s'engouffre dans un pick up et va rejoindre Idrissa Seck, Ibrahima Fall et Youssou Ndour qui étaient arrivés sur les lieux de la manifestation entre temps.
Environ une demi-heure plus tard, des pierres volent dans les airs et atterrissent sur les policiers qui répliquent avec des grenades lacrymogènes et des balles blancs. La foule se disperse dans les artères du centre-ville et vers le rond point Sandaga. Selon Amadou Ndiaye, un manifestant « ce sont des éléments du PDS qui ont infiltré la manifestation en vue de la saboter. J’ai reconnu certains d’entres eux. Aucun de nos jeunes n’avait de pierres ». Selon un autre protestataire ce serait un groupe de policiers en civil qui ont lancé des pierres sur leurs collègues car ceux-ci avaient prévues de disperser la manifestation dès 19h. Un jeune homme atteint par une grenade est évacué par l’ambulance qui était garée non loin. La rumeur selon laquelle un manifestant a été tué à Cambérène commence à circuler, accroissant la colère des protestataires. Ceux-ci, pierres en main, se ruent de nouveaux sur les policiers qui répliquent encore.
La presse entre pierres et balles blancs
Autres acteurs qui ont eu chaud, les journalistes. La seconde arrivée incognito de Cheikh Bamba Dièye sur la place de l’indépendance a attiré tous les journalistes présents qui ont accourus recueillir la déclaration de ce dernier. Tout à coup les policiers ont lancé une grenade lacrymogène sur le groupe formé autour du candidat par les journalistes. S’en suit un sauve qui peut, chacun cherchant à s’éloigner le plus du gaz libéré par la grenade. Cet incident provoque la colère des membres de la presse et particulièrement de l’un d’entre eux qui a failli en venir aux mains avec un policier.
Au niveau du rond point Sandaga, les journalistes se retrouvent de nouveaux coincé entre les manifestants et les forces de l’ordre. Les premiers qui s’étaient repliés pendant un moment déboulent d’un coup des deux côtés de l’avenue Lamine Gueye et font tomber une pluie de pierres sur les seconds qui, de nouveau, ripostent. Les journalistes jusque là rassemblés au niveau au milieu du rond point se retrouvent prisonniers entre les différents projectiles et plongent sur le sol comme un seul homme.
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